26 octobre 2009
Quelle politique de santé publique face au cannabis ?
Le débat a été relancé par l'ancien ministre de l'Intérieur et maire du 18ème arrondissement de Paris, Daniel Vaillant... Débat en Une du Libé du jour sous le titre vendeur "Quand les dealers font la loi". Je me suis rarement exprimé sur le sujet du cannabis et ses conséquences sur la vie en société. Rarement car à chaque reprise le ton des réponses a toujours été le même. Prôner une dépénalisation, et pire une légalisation du cannabis, est tout simplement une position absolument folle pour la plupart de nos politiques et de nos concitoyens.
Peu de temps avant les élections européennes, un groupe m'avait soutenu dans mon approche pour lancer un grand débat sur cette question épineuse qui déchaîne les esprits. 33% des garçons de 17 ans et 22% des filles du même âge qui disent avoir fumé du cannabis au cours des derniers mois, je pense que cela mérite tout de même une réflexion sur une politique de prévention et de répression dans le cadre de la santé publique surtout quand on sait les chiffres des personnes interpellées pour usage de cannabis en 2008 : 133 360 soit près de 90% des arrestations réalisées en matière des stupéfiants. Enfin, 4 millions de personnes en France concernées par le marché des drogues douces... Oui cela mérite de poser un débat serein pour répondre à l'hypocrisie de notre loi actuelle.
En me prononçant sur ce sujet, je sais d’avance que je diviserai, que le simple énoncé de la question renvoie à des drames personnels, familiaux, scolaires, professionnels. Pourtant, il est enfin temps en France de se poser devant cette interrogation : « Faut-il dépénaliser le cannabis ? ».
Ainsi, dans notre pays, nous continuons à fonctionner avec une loi vieille de presque quarante ans. Il faut savoir qu’en écrivant sur ce thème, je me place sous le couperet de cette même loi, celle du 31 décembre 1970, qui interdit « toute présentation sous un jour favorable » des substances stupéfiantes. Un moyen clair de clore un débat et ainsi nuire à l’information des usagers et du public. Mais, nous devons poser ce débat car le fonctionnement ne convient plus, car le pays évolue, car la jeunesse aussi s’endort dans les senteurs du haschich pour mieux combattre ce qu’elle n’aime guère : une loi prohibitive et absurde. Je conviens tout à fait que le nombre de consommateurs de cannabis n’a cessé d’augmenter, en particulier chez les plus jeunes générations, et que cela ne profite qu’au développement des échecs sociaux, familiaux et scolaires. Je ne tends pas à prouver que fumer du shit vous fera avoir votre bac. Toutefois, sait-on réellement plonger sur cette consommation plus ou moins régulière et a-t-on vraiment réfléchi aux conséquences de l’application de la loi de 1970 ? A titre d’exemple, le simple usage de cannabis peut conduire à une peine allant jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende de 3 750 euros ! Une peine évidemment équitable pour un petit joint de temps en temps. Heureusement donc que la police ne descend pas chez moi quelques week-end dans l’année. Dans la réalité, et fort heureusement, cette loi n’est pas appliquée dans son sens propre et l’usager ne se fait déranger que rarement par des forces de l’ordre qui en profitent aussi pour se remplir un peu les poches. Ne criez pas à la flagornerie, c’est une réalité dont nous sommes tous conscients et cela est même tout à fait normal dans un environnement qui ne fait qu’accroître l’économie souterraine.
D’autres pays se sont prêtés au jeu de la compréhension et du débat mais cela est strictement interdit en France et je ne doute pas que puisque Nicolas Sarkozy est contre toute dépénalisation, le sujet ne trouvera pas écho dans les hautes sphères. Mais, pour en revenir, à ces peines judiciaires prononcées à l’encontre de tout usager interpellé par la police, il convient de préciser qu’un tel jugement ne fait pas partie du champ d’application de l’amnistie et ainsi se retrouve retranscrit pendant au moins quarante ans sur votre casier judiciaire. Evidemment, le but est de vous choquer et j’accepte volontiers que dans les faits, cela ne se passe généralement pas comme cela. Alors en partant de ce principe, qu’attendons-nous pour faire un nouveau pas en avant et dépénaliser et légaliser une substance qui aurait dû l’être depuis longtemps ? Mis à part la fin de l’hypocrisie actuelle, un tel changement permettrait aussi de nombreux avantages concrets. En premier lieu, je pense à l’inévitable protection de la jeunesse qui, par la mise en place de points de vente légaux et contrôlés, serait ainsi plus informée, mieux protégée et non consommatrice d’un cannabis de mauvaise qualité car trop souvent coupé au marché noir avec des substances qui sont plus dangereuses que le cannabis lui-même. De plus, en le dépénalisant, on s’attaque aussi à son attractivité. C’est une clé bien connue de toute interdiction. Ainsi autorisée, elle perdrait de son poids et de sa « célébrité » pour ne devenir qu’une vente encadrée comme l’est l’alcool ou la cigarette. Le second point bénéfique proviendrait d’une lutte contre la criminalité en s’attaquant vraiment aux mafias et à ceux qui prospèrent grâce à la vente de drogues. Maîtriser l’économie souterraine, c’est aussi économiser sur une lutte quotidienne qui vise à mettre en place des groupe de policiers pour interpeller les petits usagers. Une économie de force, de personnes et d’argent. Et tout en restant sur cette question économique, on peut aussi oser parler d’impôts, de taxes propres à la vente de cannabis comme c’est le cas, encore une fois, pour la cigarette par exemple. Des taxes qui viendraient enrichir un fond de prévention à destination du public. Enfin, et c’est la réalité la plus probante, la cannabis est une plante médicinale. L’hypocrisie veut que des patients s’en procurent sur le marché noir pour atténuer des douleurs devenues insupportables et c’est ainsi le cas pour des malades souffrant de pathologies lourdes telles que le sida ou la sclérose en plaques.
Je ne tiens pas à être un homme irresponsable qui prône tout le bien d’une consommation régulière de cannabis. Je ne tiens pas non plus à vivre dans un climat qui interdise sans cesse, qui ferme les yeux car le sujet n’est pas reçu favorablement de la part des électeurs, qui refuse le débat car le sujet doit être maîtrisé et ne pas laisser la porte ouverte à tous les risques connus. Je veux simplement que l’hypocrisie s’arrête et que la sérénité gagne des femmes et des hommes qui auront le courage de réformer une question que l’on ne peut pas laisser en suspens et ainsi devenir un gag dans une démocratie digne de ce nom.
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19 mai 2008
Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales
A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 25 mai 2008, la Ligue des Droits de l'Homme organise une votation citoyenne pour permettre le droit de vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales. J'ai bien évidemment voté en mon nom et en celui de ma qualité de président d'Aujourd'hui, Autrement, pour une telle proposition que nous inscrivons dans notre Manifeste pour une 6ème République et dans nos 100 propositions pour un projet citoyen 100% différent.
Dans mon dernier livre paru en avril 2008 aux éditions Publibook, "Tu es trop jeune pour comprendre", j'avais expliqué pourquoi j'étais favorable à une telle mesure en donnant l'exemple hélas comique d'un couple d'amis dont la fille est d'origine marocaine et l'homme d'origine espagnole. Nous parlions ensemble de la prochaine élection du Maire de Paris... Élection où seul mon ami espagnol a pu participer même s'il n'a pas la nationalité française alors que mon amie marocaine a dû rester devant le bureau de vote puisque étranger extra-communautaire.
La loi est ainsi faite : elle autorise un résident européen à voter aux élections locales mais ne peut le permettre à un marocain, un américain, un brésilien. Je vous invite donc à signer cette pétition en ligne et à se joindre à nous pour changer vraiment notre façon de faire la politique.
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10 mai 2008
La vie sans lui
Le personnage m'énervait souvent mais j'avais été happé en plein vol par la personne... Happé de sympathie, de découvert culturelle, de regard neuf sur le monde qui nous entoure. Je m'étais surpris à trouver autant de gentillesse et d'émotion chez cet homme de 40 ans mon aîné. Pascal Sevran avait un talent par dessus tout : celui de vous emmener dans son univers et de vous faire aimer les choses.
Bien évidemment, il y eu un débordement médiatique consécutif à une phrase litigieuse dans un de ses livres. Mais on l'a oublié lors de cet acharnement contre l'homme : c'était l'écrivain qui parlait. L'homme n'était pas raciste et il est fort triste de voir que c'est à cette occasion que l'on a pu remarquer pour la dernière fois Pascal Sevran.
D'un paysage de campagne où il aimait se reposer et où il s'est endormi pour la dernière fois, je pense à lui. Je pense à celui qui m'a fait pleurer avec l'écriture de quelques lignes, à celui qui aimait provoquer l'énervement dans les couloirs d'une radio où nous nous croisions souvent, à celui qui a enseigné la belle chanson française, à celui qui était entier et digne.
Pascal Sevran nous manquera... Sa plume, elle, reste près de moi.
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07 mai 2008
Du repos avec les miens
Un peu de vacances et un retour aux sources pour reprendre des forces avant d'attaquer un mois de juin plus qu'important pour Aujourd'hui, Autrement. C'est au Puy-en-Velay, que je m'arrêterai quelques jours fin de profiter du soleil et de la vue imprenable sur les volcans d'Auvergne. Au programme de ce séjour où le repos tiendra quand même la plus grande place : dédicace de mon dernier livre, "Sois jeune et tais-toi", continuité dans la réadaction du manifeste d'Aujourd'hui, Autrement, préparation de notre 1er café-politique avec Corinne Lepage et commencement de l'écriture d'un nouveau livre.
Blog donc en vacances pendant quelques jours avant mon retour mardi prochain à Paris.
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11 avril 2008
Je suis élu président d'Aujourd'hui, Autrement
Hier soir avait lieu dans le 12ème arrondissement de Paris, l'Assemblée Générale Extraordinaire du parti politique Aujourd'hui, Autrement. Une AG convoquée à la suite de la démission de son président-fondateur, le conseiller régional, Jean-Luc Romero et donc de l'ensemble du bureau du parti politique.
Depuis quelques semaines, j'ai rassemblée plusieurs personnes autour d'un projet nouveau. Des personnes prêtes à donner un second souffle à un mouvement, à construire une politique autrement, à s'engager pleinement dans une aventure passionnante. Elles viennent du Parti Socialiste, du MoDem, de l'UMP, de la société civile. Elles ont adhéré à un parti politique depuis quelques mois ou plusieurs années, elles n'ont pour certaines jamais souhaité s'associer à un parti. Et pourtant nous nous rassemblons. Nous nous ressemblons.
Depuis hier soir, nous sommes donc une nouvelle équipe en place pour continuer à faire vivre Aujourd'hui, Autrement. Je ne promets pas des changements incroyables. Je ne peux promettre des réussites éclairs. Mais je jure de m'y engager de toutes mes forces et de développer cette politique qui me tient tant à coeur et à laquelle Jean-Luc Romero m'a initié.... Cette politique autrement !
19:13 Publié dans Agenda, Aujourd'hui, Autrement, Blog, Fin de vie, Homosexualité et homophobie, Lutte contre le sida, Mes livres, Réforme des institutions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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09 avril 2008
Ecrire une nouvelle page
L'envie de faire autrement. C'est cela qui me caractérise. L'envie de changer des choses, de réinventer ce qui peut faire vivre la société, de bouger des frontières établies par le passé. Vous construisez petit à petit votre chemin pour vous faire entendre, pour pouvoir participer, pour enfin aller au devant du terrain.
Il y a 6 ans, je commençais mon humble parcours en politique. Aux côtés d'un homme : Jean-Luc Romero. J'ai appris, j'ai pris des coups, je me suis fait des bosses et des bleus à l'âme. J'ai eu aussi des sourires, des espoirs, des rêves établis. J'ai aidé à la construction de certains idéaux, participé à la mise en place de structure commune à toutes celles et ceux qui voulaient vivre cette aventure qu'incarne la politique autrement.
J'arrive à la croisée des chemins. A l'aube d'un nouveau défi qui commencera à s'écrire dans la difficulté, et j'en ai parfaitement conscience. Mais si je ne le tente pas, que pourrai-je dire ? De quoi pourrai-je être certain ? Quelle aventure me fera vibrer ? Pour certains, j'aurais dû être candidat aux élections municipales car c'était la seule porte pour ne plus parler mais plutôt agir. Contrairement à eux, je ne crois pas qu'être un élu permet d'agir mieux qu'un simple représentant de la société civile et tenir leur discours revient à mettre de côtés les milliers d'acteurs associatifs, les hommes et femmes qui connaissent la réalité du terrain, les représentants de quartiers qui aident à reconstruire et à apaiser, les jeunes qui défendent leurs idées en battant le pavé. Je ne veux pas manquer de respect à ces acteurs et actrices essentiels pour le bien-être de notre société. Je me sens même mieux en étant de leur côté.
Si je n'ai pas été candidat en mars dernier, c'est par conviction que je ne pouvais me vendre pour une place sur une liste. Par conviction que mes valeurs ne pouvaient petre communes avec juste un peu d'honneur, de fierté, de prétention d'avoir son nom sur un tract. Par conviction que je ne correspondais pas à celui qui croient dur comme fer aux idées défendues dans mon arrondissement par l'UMP,le PS ou le MoDem.
Mais cela m'empêche-t-il de pouvoir continuer à l'ouvrir, à vouloir construire avec d'autres quelque chose de 100% différent ? Ce n'est pas contradictoire et ce n'est pas interdit !
Pour celles et ceux qui seront là à partir de vendredi pour construire notre politique autrement, je veux qu'ils sachent que plus que jamais nous avons notre rôle à jouer, que plus que jamais nous arriverons à nos fins. Car c'est vendredi que les choses sérieuses commencent. Car c'est vendredi que mon combat pourra éclore avec une équipe soudée à mes côtés.
08:00 Publié dans Agenda, Aujourd'hui, Autrement, Blog, Fin de vie, Homosexualité et homophobie, Lutte contre le sida, Mes livres, Réforme des institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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27 mars 2008
Mon troisième livre est dispo !
Il est celui qui m'aura pris le plus de temps car je le voulais le plus juste possible. Petit regard sur la société qui nous entoure, sur nos façons de faire et de dire les choses, mon troisième livre se veut être une proposition pour un avenir autrement... Un avenir où la politique ne serait plus un sport d'initiés mais plutôt un bien national.
Résumé de l'éditeur :
On est toujours trop jeune pour comprendre. Trop ceci ou pas assez cela. En politique, c'est encore plus vrai : la meilleure méthode, c'est « sois jeune et tais-toi ». La France a changé. Sa jeunesse aussi. Lors des élections présidentielles de 2007, un vent nouveau a soufflé car les jeunes ont su prendre la parole. Jonathan Denis était un de ceux-là. Engagé au centre de l'échiquier politique, il reprend ce grand débat où la jeunesse a tout son rôle à jouer. Parce que pour lui, la jeunesse de forme doit laisser la place à une jeunesse de fond. Parce que pour lui, on ne peut plus vivre dans des faux semblants, dans une démocratie à bout de souffle, dans une République qui souvent ne fait pas honneur à sa devise.
Pacte d'une 6ème République, réforme du statut de l'élu, reconnaissance d'une union civile homosexuelle, nouvelles voies pour l'école, ouverture du monde étudiant sur l'entreprise, dépénalisation du cannabis, légalisation de l'euthanasie,… Autant de sujets que ce jeune responsable politique et associatif entend défendre. Avec son parti, avec la fougue de sa jeunesse mais surtout avec nous pour construire un avenir meilleur. Et si ensemble on faisait cette politique autrement ?
Jonathan Denis, 24 ans, est délégué général du parti politique Aujourd'hui, Autrement depuis 2004. Engagé en politique il y a plus de 6 ans, il est ancien conseiller régional jeune UMP d'Ile-de-France et président fondateur de l'association Jeunes Contre le Sida. Il est aussi l'auteur de deux autres livres, L'Homme de ma Mort et Le Reflet d'une ombre parus aux éditions Publibook.
19:12 Publié dans Agenda, Aujourd'hui, Autrement, Blog, Education et enseignement, Fin de vie, Homosexualité et homophobie, Lutte contre le sida, Mes livres, Réforme des institutions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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20 mars 2008
L'euthanasie dans mon dernier livre
Des affaires médiatiques concernant l’euthanasie, nous en avons connu. Aucune n’a cessé d’émouvoir le public. Aucune n’a démenti ces chiffres flagrants qui présentent toujours plus de 80% des Français comme étant favorables à l’euthanasie. Des sondages qui se suivent et se ressemblent tous. Des sondages, qui avec une telle approbation, ne peuvent être démentis par les plus hautes instances de l’Etat. Concernant l’euthanasie, j’avais cru même pouvoir faire confiance à Nicolas Sarkozy qui aurait prononcé cette phrase lors de sa campagne pour les élections présidentielles… propos retranscrits dans le livre (roman ?) de Yasmina Reza, « L’aube le soir ou la nuit » : « Il dit, moi je suis tenté de l’ouvrir un peu sur l’euthanasie. Il y a quand même un moment où il faut dire qu’il y a des limites à la souffrance. La vie ça appartient pas à celui qui regarde à côté du lit. La vie ça appartient à celui qui souffre ». En écrivant cette phrase, je me remets à y croire, à espérer… mais non, la droite a toujours été trop frileuse sur cette question. Elle y a toujours vu un assassinat, une décadence au même titre d’ailleurs que la majorité à 18 ans, que l’IVG, que le droit de vote des femmes. Et Nicolas Sarkozy n’y pourra rien. Il a su changer la droite mais pas ceux qui la composent.
Pourtant, il serait enfin temps d’avoir ce nécessaire débat sur la fin de vie. Je sais aussi qu’il n’apparaît pas si primordial pour beaucoup de jeunes. Moi-même, je ne m’y intéressais guère avant de découvrir un jeune homme. Un jeune homme comme moi, presque le même âge, la même envie folle de bouffer la vie, le même rêve de jeunesse. Il s’appelait Vincent et je ne connaissais que sa lettre adressée à Jacques Chirac. Sa lettre envoyée au Président de la République avec cette sublime demande : « Vous avez le droit de grâce. Je vous demande le droit de mourir ». Sublime et intolérable. Sublime et belle à vomir. Ce jeune garçon, ce beau garçon, devenu tétraplégique à la suite d’un accident de voiture, ne voulait plus survivre. Ce qu’il voulait, c’était ne plus souffrir, ne plus devoir dépendre de tout le monde, et en premier lieu de sa mère, ne plus devoir attendre que la mort vienne le cueillir. Non, il voulait la devancer cette mort. Car pour lui, il était déjà mort depuis longtemps. Toute son histoire m’a bouleversé. Tout ce qu’il a enduré m’a touché au plus profond de mon cœur. Je l’ai connu à travers sa si courageuse maman. Je l’ai rencontré à travers les paroles de Marie. Marie si douce. Marie si belle maman. Elle est une femme d’exception. Le mot est même peut-être trop faible. Elle a eu une force incroyable. Celle d’aimer son fils au-delà de ce qui semblait être la raison. Au-delà de la plus terrible des demandes. Elle l’a fait vivre au-delà de la mort. Elle l’a soulagé, elle l’a guéri de ce mal qui le paralysait. Marie, seule à une fenêtre, partageant une cigarette avec moi. Marie dans son plus beau rôle : celle d’incarnation du souvenir. C’est l’image de ma vie. C’est l’image que je garde pour me motiver dans ce combat pour une mort douce. C’est l’image que je voudrais voir dans les yeux de toutes celles et tous ceux qui ont compris que notre dernière liberté résidait dans le fait d’entrer dans la mort les yeux ouverts. Vincent, cela aurait pu être moi. Cela aurait pu être vous, votre fils, votre frère, votre neveu, votre meilleur ami, l’homme de votre vie. Des Vincent, il y en a des milliers. Pour eux, nous devons convaincre, nous devons secouer, nous devons nous battre au-delà de toutes nos forces.
La société a profondément changé. Aujourd’hui, les nouvelles technologies nous envahissent et nous devons sans cesse nous plier à les apprivoiser pour mieux savoir les utiliser. De nouvelles donnes qui permettent parfois de soulager, de mieux traiter, de guérir même. Des nouveautés souvent présentes en médecine. Face à cela, nous vivons plus longtemps, nous pouvons sortir vivants d’état qui ne nous laissaient pourtant que peu de chances. Nous avons nos artifices, nos machines pour mieux se sentir. Et notre choix dans tout cela ? Si souvent ignoré. Parfois trop bafoué. Imaginez bien que de nos jours vous vieillissiez mieux qu’avant. Imaginez bien quand dans le même temps, la mort ne vous cueille plus dans votre lit, entouré de vos proches. Nous le savons tous. La mort, on l’attend maintenant dans un lit d’hôpital, branché à des engins qui ne font que repousser l’échéance, qui n’empêchent pas de voir un physique se dégrader, une souffrance totalement atténuée. La mort, nous la voyons arriver dans une pièce sinistre, trop souvent loin de ceux que nous aimons. C’est un fait que l’on ne peut désavouer : si nos aînés mourraient à plus de 75% chez eux, nous sommes le même nombre à mourir aujourd’hui dans la froideur de ces chambres d’hôpitaux.
Pourtant, loin de moi l’idée de rejeter le travail formidable fourni par les médecins, les infirmières, les aides soignants. Je ne veux pas critiquer ces gestes qui apaisent mais n’ont pas toujours le but souhaité. Vous l’avez sûrement remarqué au cours de ce livre, je ne prône jamais rien sans réfléchir aussi à ceux qui y sont contre. Même si je ne partage pas leurs idées, je les respecte. Et même si nous ne sommes pas d’accord sur le fond, je ne peux les oublier et vouloir imposer quelque chose sans écouter et noter ce qui conforte dans l’idée que nous faisons une erreur. Sur ce sujet de l’euthanasie, je resterai le même. Nous pouvons refuser ce droit de mourir dans la dignité pour des raisons religieuses, philosophiques, personnelles. Nous pouvons vouloir attendre vraiment le moment venu, même s’il faut souffrir, même s’il faut pleurer, même si se battre est trop difficile. Je respecte cela et je le trouve courageux. Mais dans le même temps, nous devons aussi avoir le choix, la possibilité de décider quand nous voulons partir, quand l’acharnement doit s’arrêter, quand survivre ne nous intéresse plus. Je vous parlais plus haut du cas de Vincent Humbert. Vous êtes nombreux à penser que c’est terrible à cet âge là. Mais vous doutez-vous de la fin de vie de nos personnes âgées, de nos grands-parents peut-être ? Vous doutez-vous de l’atrocité vécue parfois par un acte final que l’on appelle le suicide ? Car la réalité est encore là, frappante et totalement insupportable. Nous connaissons tous ce chiffre effarant qui établit à 12 le nombre de suicides pour 100 000 habitants chez les 15-24 ans. Mais sait-on aussi les chiffres pour nos aînés ? Selon une étude publiée au printemps dernier par le ministère de la Santé , le taux de suicide chez les hommes de 84 ans et plus est dix plus élevé que chez les 15-24 ans. Pire encore, la Direction de la recherches, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en charge de cette étude, souligne que le taux de mortalité par suicide est en augmentation permanente à partir de 64 ans et ce jusqu’aux âges les plus élevés pour s’établir à 60 suicides pour 100 000 hommes de 75 à 84 ans et de 124 pour ceux de 85 ans et plus. Chez les femmes, les mêmes constations sont effectuées avec toutefois un chiffre beaucoup plus modéré pour les 85 ans et plus. Cette réalité nous devons la traiter avec la plus grande attention car si chez les jeunes, le suicide ne représente pas souvent un acte pour atténuer les souffrances d’une maladie, nous ne pouvons hélas pas tenir le même raisonnement pour les personnes âgées. Car à cet âge là, la maladie est souvent présente avec ses souffrances, ses contraintes, ses désespoirs. Et l’impensable se produit. Tous âges confondus, le suicide se fait le plus fréquemment par pendaison (45%), par l’utilisation d’une arme à feu (16,5%) et par l’intoxication (15%). Je ne dis évidemment pas que ces seuls chiffres doivent nous conduire à légiférer sur l’euthanasie mais ils doivent nous permettre de réfléchir, de statuer, de comprendre ce qui se passe.
Enfin, les affaires médiatiques se succèdent. Celle de Vincent Humbert bien sûr, mais aussi celle de Paulette Druais et plus récemment de Maïa Simon. Cette dernière, comédienne française de renom, a préféré partir en Suisse pour exécuter son dernier voyage. Elle s’est confiée avant cela à un journaliste de RTL pour expliquer son choix, pour dire ses souffrances, pour laisser un témoignage émouvant à ceux qui restent et qui malheureusement font la sourde oreille. Une association se bat pour faire entendre cette voix. L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), présidée aujourd’hui par Jean-Luc Romero et ayant comme président d’honneur Gérard Payen, rassemble aujourd’hui plus de 40 000 adhérents. Un chiffre qui évoque sans en rajouter le besoin des Français d’en savoir plus sur ce sujet. Je les rejoins dans ce combat de chaque instant car même la justice s’y perd, car même la justice ne condamne pas car elle connaît le prix à payer si elle le faisait.
Nous devons aujourd’hui légiférer sur cette question car soit la justice condamne les médecins rendus coupable de l’acte d’avoir aider à mourir les patients, soit on change la loi. La justice ne peut plus se retrouver dans ce bordel sans nom. Il en va de ce fait d’une question démocratique. Nous devons le faire car la réalité est présente avec ces chiffres implacables… ces chiffres aussi sur l’euthanasie qui se pratique sur notre territoire (selon le professeur François Lemaire qui dirige le service de réanimation de l’hôpital Henri Mondor, l’euthanasie active représente 10% des décès). Nous devons le faire car le silence n’a plus droit de cité, car il faut encadrer cela, car on ne peut laisser une telle responsabilité à des médecins et à des familles, car enfin la mort à deux vitesses ne peut-être tolérable avec d’un côté ceux qui peuvent décider de leur fin de vie et de l’autre ceux qui sont des millions à ne pouvoir maîtriser leur mort.
Bien évidemment, tout cela doit être fait avec la plus grande précaution en inscrivant clairement ce qui doit être fait. Je pense particulièrement aux testaments de fin de vie qui refuserait tout acharnement thérapeutique et souhaiterait une mort douce. Un testament que chacun signerait si bon lui semble, s’il le désire. Nous pourrions aussi encadrer les conditions d’accès à l’euthanasie avec une règle simple qui stipulerait par exemple que la situation du patient ne peut apporter aucune amélioration de l’état de santé. Enfin, plusieurs médecins devraient se pencher sur le dossier du patient et sûrement de la volonté répétée de ce dernier. Dans le cas où le patient ne serait plus conscient, ce pouvoir reviendrait à un mandataire désigné dans le testament de vie. Si une telle loi venait à être mise en place, nous demanderions aussi que toutes les euthanasies soient enregistrées pour s’assurer que toutes les conditions ont bien été remplies, par s’assurer qu’un cadre protecteur entoure ceux qui l’ont pratiqué. Sur ce sujet, je n’invente rien. Ces propositions ont déjà répétées par l’ADMD entre autre. Il est nécessaire de se prononcer sur ce point qui représente notre dernière liberté en sachant vraiment créer le débat et en se montrant responsable du modernisme que nous appelons tous de nos vœux.
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11 mars 2008
J - 15
21:16 Publié dans Agenda, Aujourd'hui, Autrement, Blog, Education et enseignement, Fin de vie, Homosexualité et homophobie, Lutte contre le sida, Mes chroniques dans LOM, Mes livres, Réforme des institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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01 mars 2008
Mon 3ème livre en pré-commande sur internet
A seulement quelques semaines de la sortie de mon troisième livre, je ne suis pas mécontent de constater qu'avant même sa publication, le livre se retrouve sur tous les sites internet et dans pratiquement toutes les les librairies en pré-commande... Certains devront même le recevoir avant sa sortie officielle si j'en crois les explications de la Fnac.
Je vous invite donc dès maintenant à commander en ligne "Tu es trop jeune pour comprendre : et si on faisait la politique autrement ?"soit en version numérique (format PDF) directement sur le site de mon éditeur Publibook en cliquant ici, soit en version papier auprès de sites comme la Fnac ou Amazon.
J'attends très rapidement vos premières critiques !
12:46 Publié dans Agenda, Aujourd'hui, Autrement, Blog, Education et enseignement, Fin de vie, Homosexualité et homophobie, Lutte contre le sida, Mes livres, Réforme des institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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