31 août 2009

Au secours... les socialistes pensent avoir tout juste

Ils sont venus, ils sont tous là. Réunis pour la grande messe d'été à La Rochelle cette année, l'ensemble de la famille socialiste a voulu jouer l'unité devant les caméras et les photographes en soutenant d'une même voix la première secrétaire, Martine Aubry. Tout avait bien commencé avec cette mise en accord pour une réforme générale d'un parti qui n'a plus de projet, plus de structure, plus de leadership, plus de connexion avec les préoccupations du quotidien.

Parler non cumul des mandats... On pourrait applaudir sauf quand trois quart des élus socialistes cumulent sans pitié. Primaires socialistes pour 2012... vraiment autre chose à penser pour l'instant à moins que le PS n'ait toujours pas compris le sens d'un projet alternatif avant une course pour la prochaine Nouvelle Star. Taxe carbone critiquée... le plus fort quand Martine Aubry dit très justement "que l'anti-sarkozysme ne fait pas un projet politique". Passons sur le ridicule de Ségolène Royal mais comment le PS peut aujourd'hui dénoncer cette taxe carbone comme "injuste et inutile" ?

Le gouvernement ne va au contraire pas assez loin sur ce sujet crucial pour les années à venir. Ne placer le prix de la tonne de CO2 a seulement 15€ comme cela semble être le cas ne fait qu'aggraver une crise environnementale que devra régler les générations futures pour atteindre les objectifs de 2030 où la tonne devra atteindre la somme de 100€. Les socialistes en dénonçant d'une même voix une contribution qu'ils avaient pourtant soutenu en signant le Pacte Ecologique de Nicolas Hulot en 2007 ne font qu'amplifier le fossé des idées qu'ils creusent jour après jour.

Avant cette université de La Rochelle, le PS n'a fait qu'éloigner les possibilités d'un accord commun avec l'ensemble des progressistes et écologistes. Aucune leçon tirée du passé... Il sera bien trop tard pour pleurer en 2012 et dire qu'alors il faudra vraiment changer la gauche.

27 août 2009

Ma chronique dans LOM : "Un enfant de Tel Aviv"

Comme chaque bimestre, voici en avant première mon billet d'humeur publié pour la magazine gratuit LOM dans le sud de la France. Sujet de cette nouvelle chronique : la folie meurtrière perpétrée contre un centre gay et lesbien de Tel Aviv en Israël.

Il a suffi de quelques secondes pour que le monde réalise que la différence d'amour pouvait tuer. Il a suffi d'un geste sur une gâchette pour qu'une communauté comprenne le sens du verbe «endeuiller». Des mots, des larmes, des rimes et des bonnes pensées, le faiseur de bonne humeur que je dois être n'a pas envie de plaisanter. On me demande souvent de passer des rires aux pleurs sans qu'à une seule seconde la plume puisse se coucher... se coucher et analyse ce qu'au fond de lui même l'homme a de blessé. Les images défilent dans ma tête comme elles l'ont fait dans ma télé, celles du sang, de la barbarie, du respect bafoué.

Un homme, un fou me direz-vous a tout anéanti... fou de quoi au juste ? Fou d'une haine qui aujourd'hui n'a rien d'introverti, fou d'un discours que l'on laisse s'étaler à tout prix. Les journaux relatent, les journalistes «blablatent» et je reste seul à vouloir mémoriser l'acte de folie. Un fou oui, un fou comme tous ces autres que l'on laisse cracher et qui sur nous s'essuient. Comme celui-là, candidat miséreux et arrogant roi de la vox populi. Comme cet autre, roi parmi les rois et heureux de comparer notre façon de vivre à celle des truies.

Il a tiré, point à la ligne. Passons au suivant diront les informations. Elle avance la destruction maligne, fruit d'une société où s'accouple des cons sans sommation.

Je n'ai pas que mes yeux pour pleurer l'ami disparu sous les balles d'un abruti. Je n'ai pas que mes mots pour saluer la mémoire d'une famille en deuil et meurtrie. J'ai ma haine aussi. Ma haine de ne rien voir venir, ma haine de ne rien stopper. Alors nous nous sommes réunis aux quatre coins du monde. Main dans la main, nous nous sommes tus et nous avons pensé à eux. Nous avons pensé au passé, à cette information d'hier, au présent aussi, à notre amour et au futur où peut-être tout nous sera permis. Et puis, nous nous sommes rappelés les brimades, les insultes, les coups parfois. Nous nous sommes souvenus de ceux brûlés vifs, de ceux tabassés en pleine rue, de ceux jetés depuis un pont, de ceux pris dans un jeu macabre. Nous n'avons rien oublié de cela. Ni la peur, ni la force de continuer à avancer.

Il est entré avec un pistolet et nous a finalement tous tiré dessus. Certains sont tombés, nous sommes restés debout... debout et déçus. Tristes d'en perdre un comme ça sous la folie meurtrière. A Tel Aviv, nous avons tous perdu un peu de notre joie, de l'âme d'une communauté dont je vomis le nom mais qui dans ces moments n'a jamais aussi bien su s'unir.  A Tel Aviv, je suis certain d'avoir perdu un peu de moi. J'ai hésité à faire une page blanche, trop évidente pour celui que je suis, mais trop irrespectueuse pour ceux qui sont partis. Alors voici ces mots servis non pour oublier mais pour que ma haine ne soit pas la même que celui d'un tireur qui d'une balle a touché bien plus que le coeur d'un seul homme. De cette homophobie, ne lâchons rien mais n'oublions jamais... nous serons tous un peu des enfants de Tel Aviv un soir estival de 2009.

 

26 août 2009

Lettre ouverte à ceux qui veulent une politique autrement

Et si on pouvait faire la politique autrement ? Cette phrase d'accroche m'a saisi au vol plus d'une fois au détour d'un débat, d'une campagne ou d'une simple discussion entre amis. Je me suis toujours étonné de l'emploi du verbe «pouvoir». Simplement pouvoir faire la politique autrement ? Simplement se donner l'envergure de dire que l'on peut essayer de changer le déroulement d'un spectacle - puisque c'est d'un spectacle dont nous ont habitué la plupart des élus - qui est mis en scène depuis des dizaines d'années ? Et pourquoi ne pas penser la faire vraiment cette politique autrement ? La faire de suite, pas dans vingt ans, pas à la prochaine élection, pas quand tout sera pourri de l'intérieur. La faire avec celles et ceux, tout juste majeurs ou bientôt trentenaires... et avec les autres, ceux qui sont déjà installés dans ce manège mais qui ne le supportent plus. La faire avec ce mélange détonnant de la nouveauté et de l'expérience.

Faisons cette politique autrement ! Voilà la bonne phrase à employer. D'un ton interrogateur, nous pourrions employer la question «et si on faisait la politique autrement ?». D'avance, cette ambition peut sembler perdue, hors d'usage... Oui hors d'usage pour les us et coutumes déjà placés par ceux qui y voit un métier, parce qu'ils s'y pensent professionnels. Car non, désolé d'en décevoir certains, mais être politique n'a jamais été un métier ou alors on se fait une bien petite idée de l'engagement au service des autres. Le métier que les électeurs veulent bien nous donner, cela s'appelle la confiance dans un mandat. C'est à cela que se résume le rôle que l'on doit endosser : l'élu. On ne devient jamais un politique, on reste un élu. Le peuple, l'éthique, la responsabilité, les convictions... Voilà ce qui résume un élu. Les palais, l'habitude du pouvoir, les combinaisons... Voilà ce qui hélas donne l'image du politique. L'idée est rapide, faite pour choquer et, me direz-vous, le but est là. Mais au moins on ne me reprochera de ne pas vouloir planter le décor dès les premières lignes.

Honte parmi les hontes, ce n'est pas un élu qui vient vous parler aujourd'hui. Pas de mandat donc tais-toi. Bien trop jeune pour comprendre. Arriviste et ambitieux. Donneur de leçons encore nourri au biberon. Ne vous inquiétez pas, j'ai déjà entendu cela et je sais d'avance que je l'entendrai encore longtemps. Je ne suis pas un élu et cela est entendu entre nous. Je ne suis qu'un simple citoyen de la France... un simple citoyen président d'un club politique, candidat aux élections européennes... mais pas de mandat. Pas de lignes gratifiantes à rajouter à un CV qui ferait rougir ma famille. Je crois que l'on appelle cela «la société civile». Celle que l'on préfère ne pas écouter car porteuse d'idées alors qu'elle ne connaît pas les règles du jeu de la politique politicienne. Réveillez-vous enfin, regardez réellement ce qui se passent autour de nous, de vous, de ce pays. Crise économique, crise identitaire, crise sociale, crise écologique. La liste est simple à faire puisqu'elle est une crise de tout. Et elle gronde, sournoise, celle qui manque, celle qui se prépare dans l'ombre des esprits, celle qui s'apprête à saisir toute une assemblée persuadée justement d'en être des politiques. Celle qui a commencé bien avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy en 2007 comme Président de la République. Celle qui a trouvé sa source, il me semble, le 21 avril 2002 à vingt heures précises. C'est d'une crise profonde dont nous devons nous parler. Une crise qui rassemble un conflit des générations, un conflit des convictions, un conflit d'une certaine idée de l'avenir... Un conflit d'une vision de la politique, de cette politique qui doit servir nos lendemains et non faire la République des copains. C'est d'une crise politique dont il s'agit. Pourtant, balayée d'un revers de main la claque du 21 avril et même oubliée complètement par nos amis socialistes. On jubilait au centre et à droite (du moins à cette droite que je pensais encore connaître) au soir des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2007 : l'ennemi frontiste était tombé, laminé par 10% des suffrages exprimés, laissé aux oubliettes avec son chef usé et usant. C'était dans toutes les déclarations et même à gauche finalement (on devait quand même jubiler à gauche) : le Front National n'existait plus. Devais-je être le seul, ce soir là, à me dire que non aucune leçon n'avait été retenue ? Que malheureusement le FN avait peut-être 10% à la télévision mais bien plus dans le coeur des Français ? 2002 était finalement passé comme une lettre à la Poste grâce à la place magnifique des médias... et au discours déjà très volontaire d'un ministre de l'Intérieur tout fraîchement nommé en la personne de Nicolas Sarkozy. Cinq ans plus tard, rebelote avec toujours cette idée qu'il ne s'est rien passé. Je viens de la droite sociale, si finalement cette dernière a véritablement existé. On l'appelle encore le Parti Radical Valoisien. Je l'ai quitté en 2005 à l'arrivée à la tête de l'UMP - pas de chance toujours le même - de Nicolas Sarkozy. Désolé d'avance pour celles et ceux qui ont cru bon de se répandre médiatiquement de la faiblesse du Front National en 2007, mais celui-ci n'avait rien de faible... et ça notre Président élu quinze jours plus tard l'avait très bien compris en captant une partie «douce» de son électorat, celle qui ne préfère pas l'original à la copie ! Pourquoi vouloir se cacher cela ? Pourquoi trouver une excuse là où il n'y en a pas ? On a bien dit que Ségolène Royal avait amené à elle la partie sociale de la droite. On a bien tout dit de Ségolène Royal finalement. L'autre candidat n'aurait donc pas pu faire de même avec la «droite de la droite» ? S'en ai suivi la création d'un ministère décrié lors de son annonce mais oublié lors de sa mise en place : celui de l'Immigration et de l'Identité Nationale. La suite était du pain béni pour cette droite qui pensait se refaire une santé en allant chasser sur les terres de l'extrêmisme qu'il convenait de remettre dans le droit chemin. Et rien, pas une voix plus haute que l'autre, pas de consternation, pas de socialistes à l'horizon... et encore moins de centristes tellement occupés à laver le linge sale de famille en public.

Ce n'est pas un anti-sarkozyste qui écrit ses lignes. Reconnaissons au contraire au Président sa véritable réussite : avoir bouger et changer la France. Pourtant pas d'applaudissements du côté de ses soutiens les plus fervents car il n'y a aucune gentillesse dans cette phrase. Avoir changer la France, c'est l'avoir divisé. Avoir fait bouger la France, c'est l'avoir agité politiquement comme on secoue à boule à neige. On ouvre à gauche, on ouvre à l'extrême droite, on ouvre aux progressistes, on ouvre aux catholiques... Bref, on ouvre à tout le monde les portes de la maison du bonheur. Le grand perdant de 2007, François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, parlait alors d'une troisième voie. Nous l'avons attendu, nous ni soutiens de l'UMP, ni proches des socialistes. Nous l'avons attendu, nous qui pensions que nous pouvions tous travailler ensemble, loin des vieilles querelles intestines, loin des partis où se congratulent ceux qui ont chuté hier mais qui reviendront demain. Nous l'avons attendu et rien n'est venu. Bien évidemment, tout cela était écrit d'avance, ultime remake d'un mauvais scénario rejoué par la même troupe depuis tant d'années. Une rediffusion de plus mais qui ne contrarie jamais le téléspectateur à qui on ne demande pas son avis. Alors si l'on doit se prêter au jeu numéraire, disons que je crois en une quatrième voie. Même si après tout le numéro importe peu. Une voie de responsabilité, d'éthique, de solidarité, de liberté. Une voie de rassemblement du progrès et de l'écologie. D'une éducation digne de ce nom, d'une économie réelle associant l'ensemble de ces acteurs, d'une santé placée comme priorité de l'action à entreprendre, d'une adaptation à chacun pour «un mieux vivre ensemble». Le mot est lâché dans l'arène aux fauves. Ensemble.

Ensemble car l'avenir n'est interdit à personne. Ensemble car dans cette société où l'on meut solitaire, cela aurait un peu plus de gueule, si vous me passez l'expression. Ensemble car on ne pourra rien chacun dans son coin. Ensemble, car si je me souviens bien, c'est dans ce fait que tout deviendra possible. Ensemble avec celles et ceux qui veulent réellement s'engager sur le terrain pour changer ce qu'ils voient. Les nouveaux, les anciens, la société civile, cette si chère société civile.

Il ne s'agit pas de faire barrage à quelqu'un. Il ne s'agit pas de faire mourir une certaine idée de la France. Bien au contraire, il s'agit de tout mettre à plat. De repartir, d'inventer, de réaffirmer finalement l'essence même de l'engagement : l'espérance. On pourrait résumer cela par l'expression «on efface tout et on recommence». Ce ne serait pas une mauvais idée à y réfléchir de plus près. Mais pas recommencer avec les mêmes comme on peut le vivre avec la réponse apportée à la crise économique que nous devons vivre au quotidien. Et c'est un banquier qui parle ! Comme on peut le vivre avec la crise sociale et le solutions apportées par les représentants déjà élus il y a quinze ans. Comme on peut le vivre avec la crise écologique où chacun a préféré dire que tout était faux avant de revenir en arrière lorsque l'écologie politique a flirté avec la barre des 20% des voix aux dernières élections européennes. Il est temps de prendre les choses en main. D'avancer avec nos passées, avec nos histoires différentes, avec notre envie commune d'un autre modèle politique français. Car tout démarre de là. De la politique. Elle est dans la plus petite chose du quotidien.  Dans le prix du pain, dans l'air que vous respirer, dans l'argent que vous dépensez, dans le salaire que l'on vous donne, dans le licenciement que vous avez dû subir, ... Et de cette plus petite chose découle aussi les grandes. Éternel cycle où nous sommes éloignés des grandes décisions. Mais être élu ce n'est pas avoir un chèque blanc. Rendre des comptes, écouter les problèmes et les propositions, s'investir au quotidien. Voilà la demande de nos concitoyens et leur donner cette vérité, ce serait aussi les associer.

Alors oui, si nous en avons l'envie, on efface tout. On efface tout et on commence !

 

 

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03 août 2009

Revenir aux fondamentaux de l'engagement politique

Le mois d'août annonce généralement la prise de vacances prolongées pour ce qui anime le monde politique et les multiples engagés au service des citoyens. Et pourtant, s'il y a bien une année où l'on pourrait attendre que les politiques soient présents sur le terrain, c'est bien aujourd'hui. Face à un parti de la majorité qui ratisse large (allant jusqu'à retrouver des racines extrêmes comme en atteste le ralliement promis du MPF de Philippe de Villiers au comité de liaison de l'UMP), face à des socialistes ombres d'eux mêmes et ne sachant plus répondre aux attentes des Français, face à un centrisme éclaté, face à une écologie qui n'arrive pas à se structurer... face à tout cela tout le monde devrait descendre dans l'arène et mettre les mains dans la cambouis pour trouver une solution durable aux crises que nous traversons et hélas que nous traverserons encore.

Dès aujourd'hui, nous devons préparer les prochaines échéances Régionales, pour faire de la région le dernier rempart à la crise et prouver son rôle croissant dans la solidarité, dans l'éthique politique, dans la responsabilité... Faire de la région le fer de lance en matière de santé, d'environnement, de culture, d'éducation, d'économie ! Je ne l'ai jamais caché, et je ne vois pas pourquoi devoir le cacher aujourd'hui, l'avenir de la région, et plus précisément de l'Ile-de-France me passionne et c'est donc bien naturellement que j'entend défendre les propositions d'Aujourd'hui, Autrement au sein de l'Alliance Ecologiste Indépendante et je l'espère devant l'ensemble des Franciliens.

Ne baissons pas les bras aujourd'hui et sachons mettre en marche la grande machine pour un avenir autrement.

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