15 juin 2009

Le don du sang pour le homosexuels !

don du sang.jpgAu lendemain de la 6ème Journée mondiale des donneurs de sang, il est plus que temps que l'ensemble de la classe politique ouvre les yeux sur une discrimination contre laquelle je ne cesse de me battre : l'interdiction faite aux gays de pouvoir donner leur sang. Donner son sang n'est évidemment pas un droit et ce don doit être entouré de pratiques assurant la sécurité sanitaire des receveurs. C'est pour cette raison que je conçois parfaitement l'interdiction de don du sang pour les personnes ayant des comportements à risques... Cependant pourquoi vouloir toujours y inclure, sur la base d'un préjugé, les homosexuels masculins ?

Depuis une circulaire de 1983, aucun gouvernement n'est revenu sur cette interdiction totalement discriminatoire qui ne se base sur aucun statut précis et valable. Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, s'était prononcé en faveur de la levée de cette interdiction tout comme Roselyne Bachelot dès sa prise de fonction au ministère de la Santé... Pourtant rien n'a été fait, Roselyne Bachelot revenant même sur ces propos et justifiant de façon maladroite sa décision de maintenir cette interdiction.

Ce que je réclame, avec l'association Jeunes Contre le Sida, avec le mouvement politique Aujourd'hui, Autrement, avec Jean-Luc Romero est pourtant simple : que les mêmes règles soient demandées et appliquées aux homosexuels et aux hétérosexuels en matière de don du sang... et ainsi créer un statut unique de "conduites à risques". A moins que certains politiques ne pensent que l'homosexualité soit elle-même une conduite à risques !

Il serait alors bien de leur rappeler que selon un sondage récent 76% des Français se disent favorables à la levée de l'interdiction de don du sang pour les homosexuels !

Commentaires

Comment expliquez vous que 20% de gays sont contaminés contre 0,2% d'hétéros seulement, alors même selon vos propres dires que les pratiques à risques sont plus importantes chez les hétéros que chez les gays? Pour la simple et bonne raison que le facteur risque ne se limite pas au comportement. La sélection des donneurs sur le seul critère du comportement est insuffisante et doit s'étendre à la population. Un individu A peut avoir une cinquantaine de rapports sexuels non protégés sans être contaminé tandis qu'un autre B peut avoir un seul rapport non protégé et devenir séropositif. C'est partiellement dû au hasard, mais aussi au groupe auquel vous appartenez.

Pourquoi seuls les gays ont ils été contaminés dans les années 80? Pourquoi la maladie est elle apparue dans cette communauté et pas dans une autre? Les causes sont inconnues mais le risque existe. La question n'est pas de savoir si une population est à risque parce qu'elle adopte davantage de comportements à risques ou pour d'autres raisons encore scientifiquement indéterminées. Mais si l'épidémie est omniprésente chez les gays, il suffit d'une ou deux personnes imprudentes pour qu'elle se transmette plus vite dans la communauté (le sida étant sexuellement transmissible) qu'elle ne le ferait chez les hétéros avec une vingtaine de personnes non protégées. C'est statistique. Le donneur gay présente donc un risque élevé. Vous pouvez débattre du fait que la population gay est à risque ou non, mais vous ne pouvez nier l'existence de populations à risque, ni rejeter la notion entièrement légitime de populations à risque.

Ecrit par : babeil | 16 juin 2009

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